Créer son potager

Vous voilà à la dernière étape et pas la moindre, puisqu'il s'agit maintenant de planter!
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Installer les plantes

Vous avez deux possibilités : semer ou planter. Le choix dépend de l’espèce, de votre disponibilité et de la place dont vous disposez. Bon nombre d’espèces potagères peuvent à la fois se semer et se planter (voir semis et plantation). Mais la gamme de variétés pour un même légume est moins vaste si vous achetez des plants plutôt que des graines. Le semis, certes plus économique, exige de débuter la culture plus précocement, de manipuler de jeunes plants fragiles et de les soigner régulièrement jusqu’à l’apparition des premières feuilles (la levée), qui, parfois, se fait attendre trois semaines (céleri, persil…).
Les jeunes plants s’installent directement au jardin potager.

Le semis

Selon leur nature, les légumes se sèment en place directement au potager, en pépinière ou en terrine (ou godet) lorsqu’ils ont besoin de beaucoup de chaleur pour germer telles les tomates, les aubergines…
Les espèces qui supportent mal la transplantation, c’est-à-dire tous les légumes formant une racine (betterave, céleri, navet, carotte, radis…) doivent être semées en place. Préférez le semis en pépinière pour les légumes qui ont besoin d’un repiquage pour renforcer leur enracinement : choux, poireaux… Le semis en terrine ou en godet est impératif pour tous les légumes frileux : tomate, aubergine, potiron et autres courges, piment, poivron…
Réservez plutôt le semis en terrine aux graines fines (tomate, piment, poivron, aubergine…) et le semis en godet individuel (3 à 5 graines par pot) pour les grosses graines (potiron, courgette, melon…).
Quel que soit l’endroit où vous semez, la bonne germination d’une graine exige un contact étroit entre la terre et la graine, beaucoup d’humidité, de la chaleur et une répartition homogène des graines. Si vous débutez, le semis en ligne est plus facile car il permet de répartir régulièrement les graines sans difficulté. C’est généralement la technique employée pour le semis directement au jardin potager. Aidez-vous d’un semoir à main si besoin. Il s’agit d’une petite boite en plastique dont l’ouverture se règle selon la grosseur de la graine. Elle débouche sur un bec court qui permet de déposer la graine au fond du sillon.
Lorsque les graines sont grosses (haricots, pois, fèves…), il est possible de semer par groupe de 3 ou 4 graines dans des trous régulièrement espacés : c’est le semis en poquet.
Le semis à la volée est idéal pour les graines fines qui doivent être semées en surface. Les graines dans le creux de la main, décrivez un mouvement semi-circulaire avec le poignet au-dessus de la surface à ensemencer en libérant progressivement vos graines. C’est le mode de semis le plus employé en pépinière, en terrine ou sous châssis.
 

Les secrets d’un sachet de graines

L’emballage de votre sachet de graines est riche d’enseignement : photo de la variété, nom de l’espèce et de la variété, conseil pour réaliser le semis… Chaque sachet comporte une date limite d’utilisation : cette date est valable tant que le sachet n’est pas ouvert. Après ouverture, la viabilité des graines non employées dépend de la façon dont vous les conserverez. Entreposez-les plutôt dans des boîtes hermétiques, garnies de quelques bouchons de tubes de comprimés effervescents : leur propriété dessicative assure aux graines une atmosphère de conservation sèche, indispensable à leur maintien en sommeil.
Si vous comparez les prix d’une marque à l’autre, vérifiez bien le nombre de graines ou leur poids dans chaque paquet : l’une ou l’autre de ces informations est obligatoirement inscrite. D’une variété à l’autre, pour une même quantité, les différences de prix sont parfois considérables. En effet, les variétés récentes et les hybrides, fruits de technologies avancées, sont plus coûteux mais ils offrent des gains de productivité et présentent parfois de meilleures défenses contre les maladies.

Enrobées ou en ruban ?

Certaines espèces à la germination délicate sont préparées pour améliorer leur germination. Elles sont recouvertes d’une pellicule qui favorise la croissance de la jeune plante et la défend contre les maladies et parasites présents dans le sol.
La présentation des graines en ruban ou en tapis vous assure un espacement idéal entre celle-ci.



Semer, planter et entretenir

planter ces légumesLe repiquage

Cette opération s’effectue lorsque les graines semées ont germé et les jeunes plants ont de 3 à 5 feuilles selon les espèces. Il faut alors les transplanter de la terrine ou du godet dans un pot ou de la pépinière au jardin. Les jeunes plantes sont alors arrachées avec délicatesse : on soulève le plant avec une spatule en préservant un maximum de terre au niveau des racines. La plantation, en pot ou au jardin, doit avoir lieu immédiatement après pour préserver les jeunes racines du dessèchement.

La plantation

La plantation au jardin concerne les plants de légumes cultivés en pots à l’issue du repiquage ou achetés en jardinerie. Ces derniers se présentent sous deux formes : en godet de plastique et en motte de terre compressée, sans pot. Pour réussir votre plantation, la motte de terre des jeunes plants doit être très humide, voire détrempée : laissez-les dans une bassine d’eau quelques minutes avant de planter. Les jeunes plants nouvellement plantés sont sensibles à la déshydratation : leurs racines ne sont pas bien en place et n’assurent pas une bonne alimentation en eau les premiers jours. Au printemps, plantez dans la journée quand la température ambiante est agréable. En été, préférez le matin ou le soir à la fraîche.

 Le désherbage

Il n’y a pas pire concurrence pour vos légumes que les mauvaises herbes. Elles détournent à leur profit eau et éléments nutritifs. Le potager étant fertile, elles trouvent là matière à prospérer.
Plus vous les éliminerez jeunes et moins elles auront absorbé de réserves dans le sol. C’est pourquoi, une fois les légumes plantés ou semés, le printemps au jardin potager est consacré à la lutte contre les mauvaises herbes. Binez souvent entre les rangs de légumes pour éliminer les jeunes plantules. Cette opération a l’avantage de casser la croûte de terre en surface et améliore la pénétration de l’eau dans le sol : l’arrosage est plus efficace.
Il faut absolument éliminer les mauvaises herbes avant qu’elles ne fleurissent et produisent des graines qui, en germant, viendront encore en plus grand nombre, coloniser vos rangs de légumes.

L’arrosage

Les légumes sont gourmands en eau mais leurs besoins diffèrent selon leur stade de développement. Pour germer, les graines ont besoin d’une humidité importante et constante du sol. Pratiquez un arrosage doux pour ne pas déranger la disposition des graines. Employez un arrosoir muni d’une pomme ou une lance d’arrosoir avec pomme lors des arrosages presque quotidiens des semis. Protégez ces derniers du soleil en été afin de limiter les pertes d’eau par évaporation. Lorsque les jeunes feuilles apparaissent, continuez les arrosages à la pomme car les jeunes plantes sont fragiles. Mais espacez-les petit à petit en laissant sécher le sol en surface avant d’arroser à nouveau pour endurcir le jeune plant et stimuler un enracinement profond. Les jeunes plants, plantés ou repiqués au jardin potager, ont besoin d’un arrosage abondant immédiatement après leur installation. Versez l’eau avec un arrosoir sans pomme au pied de chaque plant. N’hésitez pas à transformer la terre en gadoue : vous favoriserez ainsi un bon contact entre les racines du jeune plant et la terre. Ces dernières reprendront plus rapidement leur fonctionnement normal après la perturbation due à la plantation.
Une fois installés, les légumes ont besoin de moins d’eau. Les plus gourmands, la tomate par exemple, exigent un arrosage surtout si l’été est sec. Pour une plus grande efficacité, arrosez longuement et plus souvent le soir, lorsque le soleil décline : c’est à ce moment que les plantes sont les plus assoiffées. Elles ont toute la nuit pour reconstituer leurs réserves d’eau pour le lendemain. Vous limitez également les pertes d’eau par évaporation.
Evitez à tout prix les arrosages qui aspergent les feuilles : ils sont inutiles car peu d’eau parvient vraiment jusqu’aux racines. L’humidité au niveau du feuillage provoque également des maladies.
Utilisez donc un simple tuyau avec ou sans lance que vous maintiendrez au pied des plantes durant l’arrosage pour ne pas éclabousser les feuilles (sauf indication contraire dans les fiches). Mais ce système d’arrosage un peu fastidieux demande du temps. Pour vous faciliter la tâche, déployez des tuyaux perforés le long de vos rangs de légumes : ces prolongements de votre tuyau d’arrosage diffuseront l’eau au pied de la plante sans mouiller le feuillage.

Soigner les légumes

Pour préserver la qualité de ce que vous consommez, traitez le moins possible vos légumes. Respectez
Surtout les délais entre traitement et récolte qui sont indiqués sur les emballages. Dans de nombreux cas, l’intervention n’est pas nécessaire. Il est inutile de traiter vos plantes lorsque le parasite ou la maladie intervient en fin de saison, au moment où vous avez déjà commencé la récolte : contentez-vous d’arracher plus tôt que prévu. Brûlez aussitôt ces restes de végétation pour éviter toute contamination ultérieure.
Au contraire, si l’attaque est très précoce, ce sont alors les jeunes plants qui sont touchés : ne traitez pas non plus, arrachez et recommencez semis ou plantation s’il en est encore temps. Choisissez un autre emplacement pour votre nouvelle plantation afin d’éviter toute contamination. S’il est trop tard en saison pour tenter un autre semis ou plantation, patientez jusqu’à l’année prochaine pour recommencer l’expérience.
En revanche, un traitement est nécessaire pour éliminer certains parasites ou maladies. Pour vous débarrasser des limaces et escargots qui ruinent vos jeunes plants sans protection, employez des granulés à base de métaldéhyde, enrobés d’un répulsif pour chiens et chats. Ils perdent leur efficacité dès qu’ils sont détrempés : protégez-les des pluies dans de petits abris de fortune placés à proximité des jeunes plants, tout en les laissant accessibles pour ces parasites.
L’oïdium, le mildiou, les pucerons, les chenilles, notamment la piéride du chou, qui dévorent le cœur des variétés pommées, nécessitent des interventions soit systématiques (nous vous les signalons dans chaque fiche) soit lorsque les premiers symptômes apparaissent. Pour lutter contre l’oïdium, éliminez en tout début d’attaque les feuilles atteintes et pulvérisez des produits à base de soufre. Il est également possible d’employer le soufre en poudrage. Utilisez la bouillie bordelaise pour éliminer le mildiou. Contre les pucerons, préférez les insecticides biologiques à base de pyrèthre en renouvelant l’application dans les dix jours. Enfin, contre les chenilles, traitez avec un produit naturel également à base de Bacillus thuringiensis.

Protéger : cloches et châssis

Le lit de feuilles mortes est la protection la plus simple : il protège le sol du gel qui interdirait la récolte des légumes en place en hiver, comme les poireaux.
Les cloches de verre ou de plastique permettent de protéger la plante.
Elles sont intéressantes pour prolonger les récoltes de feuilles (persil, cerfeuil, oseille…) en hiver, durant les périodes de grands froids, pour protéger du froid les jeunes plants frileux ou pour accélérer la maturation de fruits exigeants en chaleur, comme le melon.
Le châssis est un coffre en bois ou en ciment à demi enterré et couvert par des panneaux de vitres. S’il est fixe, cas le plus fréquent, implantez-le dans un endroit abrité et ensoleillé du potager, au pied d’un mur orienté plein sud ou à l’ouest, par exemple. Mais sa structure légère permet de le déplacer en cas de besoins. Inutile de voir trop grand, 1 m2 de châssis devrait vous suffire.

Le faux semis

Les agriculteurs pratiquent depuis bien longtemps cette technique rusée qui permet d’éradiquer une bonne partie des mauvaises herbes. Votre terre contient un stock de graines de mauvaises herbes impressionnant. Lorsque vous préparez le potager pour vos semis, vous encouragez également la germination de ces « mauvaises graines ».
Tôt au printemps, procédez à un affinage de la terre comme si vous alliez la semer, mais ne faites rien. Attendez une dizaine ou une quinzaine de jours. Les jeunes plantules des mauvaises herbes pointent : elles ont trouvé là un milieu propice à leur germination. Griffez à nouveau le terrain : les jeunes plantules, encore fragiles, sont déracinées et enfouies en terre où elles vont se décomposer. Aplanissez et maintenant semez !

Le paillage

Pour limiter la fréquence des arrosages et éviter les effets négatifs d’un arrosage par à coups sur les plantes les plus gourmandes, couvrez le sol à leur pied d’une couche isolante de 6 à 8 cm d’épaisseur au moins : c’est le paillage. Ce paillis laissera l’air passer et l’eau s’écoulée en profondeur mais protègera la terre de l’ardeur du soleil, limitant ainsi l’évaporation. Le sol restera plus longtemps humide au pied de vos plantes. Employez des matériaux qui se décomposent vite dans l’année car ils seront incorporés au sol lors des labours d’automne : paille, paillettes de lin, tontes de gazon bien sèches…
Le paillage a l’avantage de limiter la repousse des mauvaises herbes. Etalez-le sur un sol bien désherbé et humide. Pour éviter que les paillettes de lin très fines ne s’envolent à la moindre brise, arrosez en pluie fine juste après l’application. Vous pouvez également employer les filmes plastiques de paillage, à installer lors de la plantation au potager. Réservez-les aux fraisiers ou aux espèces les plus frileuses (melons, aubergines, piments…). Ils protègent bien les fraises de toute salissure de terre. Grâce à leur couleur noire qui absorbe la chaleur, le sol sous du film est plus chaud, ce qui sied aux plantes frileuses.